Dans une bande de terre qui longe la frontière, Tsahal mène un travail d’anéantissement méthodique des communes, sous couvert de viser des positions du Hezbollah. Un processus que «Libé» a documenté en croisant observations de terrain, témoignages, sources ouvertes et analyse de plusieurs dizaines d’images satellites.
Il ne reste plus que ce promontoire précaire, dressé sur les décombres du réservoir d’eau au sud de Majdel Zoun, pour contempler Chamaa. «N’espérez même pas y accéder», prévient le maire, Youssef Shehimi, revenu quelques heures plus tôt pour des funérailles. Dans cette portion de son village en cette fin avril, ne subsiste qu’un quart des maisons, éparses parmi les ruines. Le long de la route principale, flanquée d’étendards du Hezbollah, quelques façades tiennent encore. Un répit trompeur : l’un de ces bâtiments a de nouveau été visé par l’aviation israélienne le 28 avril, avant qu’une double frappe ne tue trois secouristes de la Défense civile libanaise : Hussein Sati, Hadi Daher et Hussein Ghadbouni. Ici, à Majdel Zoun, «certaines familles restent coûte que coûte, reprend le maire qui se tourne vers le village voisin. Mais Chamaa est situé sous la ligne jaune imposée par l’ennemi israélien. Impossible de se rendre dans cette zone.»
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